to ::ish home
News
Releases
Artists
Press
Maillist
About
Contact
Links
  Lodown Magazine
Elephant Beach Escape Review
27.07.2006
 
  www.kommerz.ch
Elephant Beach review
08.07.2006
 
  Real Groove Mag
Elephant Beach reviewed in New Zealand
15.06.2006
 
  Platform8470
Elephant Beach "Escape"
10.06.2006
 
  Urbansmarts.com
Review of "the now factor"
29.01.2005
 
  7Sky, Issue 57
Ish Records (french)
01.11.2004
 
  De:Bug, Issue 81
En Sayne Review "Somewhere In Ydobon" (german)
01.04.2004
 
  BlackMusicScene, Issue 3/4
Ish Label Portrait (unissued interview, german)
15.03.2004
 
  Word Magazine, Issue 20
En Sayne Interview (full length, german)
01.03.2004
 
   
   
   
  Ish Records (french)

Ish Records

Établi à Zurich depuis deux ans, le label Ish Records a vu le jour sous l’impulsion de trois passionnés de hip hop qui ont éprouvé le besoin, après plus de 15 ans d’activisme dans le milieu, d’offrir un support indépendant approprié à leur conception expérimentale et abstract du genre.

Ovnis dans le paysage hip hop suisse, les fondateurs du label Ish Records le sont peut-être un peu. Moins dans la scène internationale, puisque leur approche instrumentale du genre aurait tendance à se rapprocher du travail de certains artistes dans la lignée de RJD2 ou Dj Shadow. Mais ici n’est pas le propos de tirer des comparaisons qui n’auraient comme seul effet, outre celui évident d’orienter quelque peu le lecteur, de réduire un univers musical qu’ils tentent justement d’élargir. "La scène hip hop de Suisse est vraiment très étroite d’esprit. Elle ne se confine qu’à un seul style stéréotypé et ne se montre que peu favorable à l’intégration de nouveaux courants musicaux. Si tu essaies de faire quelque chose de différent, tout de suite ça n’est plus considéré comme du hip hop. Pour moi, au contraire, ce genre est issu d’un melting-pot d’influences et il constitue un support idéal pour la réalisation de toutes nos idées", explique Oliver Fitze, alias Dj Reezm.
À l’étroit dans une culture nationale du hip hop qui ne correspondait plus à leurs idéaux, Oliver Fitze, Michel Jaques alias En Sayne et Markus Hammer, le graphiste de la structure, ont ainsi lancé le label Ish Records, pour offrir une plate-forme indépendante à leurs aspirations artistiques. Aujourd’hui encore à ses balbutiements, puisqu’il ne compte pour l’instant que deux albums à son actif – celui de Dj Reezm The Traveller et celui de En Sayne Somewhere In Ydobon – et un EP produit en collaboration avec le rappeur Offwhyte Crossing The Potomac, Ish Records impose déjà une forte identité artistique au travers d’un hip hop instrumental abouti et mûrement réfléchi. Il faut dire que ses managers ne sont pas des novices. En Sayne s’active depuis une vingtaine d’années dans la scène en tant que Dj, au même titre que Dj Reezm qui produit également des beats pour un grand nombre de rappeurs zurichois, tandis que Markus Hammer, ex-graffeur, a depuis lors acquis une solide réputation de graphiste. Pas facile, pourtant, de faire sa place dans le paysage musical suisse déjà bien chargé et souvent peu viable. Pour pouvoir asseoir un peu plus leur structure et surtout garder leur indépendance, ils ont ouvert, en parallèle, un magasin de disques, Hum Records, spécialisé dans le hip hop et la black music, qui pourrait bientôt faire référence en la matière. "Nous voulons vraiment rester indépendants et pouvoir sortir les disques que nous voulons. Ça fait tellement longtemps qu’on gravite dans le milieu hip hop, ça nous a pris tellement de temps pour arriver à monter notre propre structure, que nous ne voulons plus faire de compromis. Comme nous sommes originaires de Saint-Gall et que nous ne faisions pas partie de la "grande scène zurichoise", ça a été un peu difficile au départ de se faire une place. On manquait de confiance et on a dû travailler plus dur pour se faire un nom. Aujourd’hui, nous sommes respectés pour note travail. Et dans le hip hop, il est beaucoup question de respect."
Un respect qu’ils ont su gagner à l’échelle non seulement nationale, mais également internationale, grâce à un style instrumental harmoniquement très cohérent, dont la principale richesse réside dans la grande diversité des samples, qui constituent le point de départ de leur travail. Que ce soit musicalement ou graphiquement parlant, leur démarche artistique consiste essentiellement à récupérer, recycler et remixer d’innombrables fragments, amoureusement dénichés. "Je suis un fan de vieux disques et je passe beaucoup de temps dans les marchés aux puces, chez les disquaires, à l’étranger, etc., pour trouver de nouveaux beats. Mon hobby, c’est de découvrir de nouveaux fragments musicaux encore inexploités, dans autant de genres différents", s’enthousiasme Dj Reezm. Le premier opus de En Sayne, Somewhere In Ydobon, fait ainsi la part belle à l’univers du jazz, regroupant en une production downtempo chaloupée quelques perles fragmentaires de cet inépuisable répertoire.
Mais ce qui constitue la réelle diversité de leur travail, c’est leur approche instrumentale du genre, qui les a amenés à considérer le genre non plus comme l’élaboration d’une suite de beats sur laquelle le rappeur pose sa voix, mais bien plus comme la création, toujours à partir de samples, de véritables songs, minutieusement construits. "Au départ, nous étions beaucoup plus traditionnels. Je pense qu’il est important de l’être au départ, pour acquérir les bases et les règles essentielles du hip hop. Mais également pour pouvoir ensuite s’en détacher et créer son propre chemin", estime Dj Reezm. Mais en quoi consiste réellement le hip hop instrumental? "C’est-à-dire sans le rapping. Vous connaissez Slick Ric? Le célèbre story teller? Eh bien le travail de Oli et de En Sayne s’apparente au sien, dans le sens qu’ils racontent aussi des histoires à leur manière. Ils ont développé le concept, instrumentalement parlant", explique Markus.
Le premier opus de Dj Reezm en est un bon exemple. Très personnel dans le choix des sons et des rythmes, The Traveller s’envisage comme le récit passionné d’un dénicheur intemporel de matière musicale. "Ma musique s’apparente à une musique de film. Elle raconte une histoire. Lorsque je choisis un fragment, je vole non seulement un bout de musique, mais également des émotions. Celui qui a par exemple joué un morceau de guitare l’a fait avec sa propre histoire et son propre temps, qui ont fait qu’il ne l’a pas joué autrement. Mon travail consiste à reconstruire, à partir de 60 personnalités différentes, une nouvelle identité, homogène et qui m’est propre. Dans notre musique, nous ne pouvons pas oublier le passé. Nous essayons de construire le futur avec des éléments du passé."
Patrick Becker, responsable de la distribution, est venu compléter le trio initial qui compte également à son actif un graphiste, Markus Hammer. Issu lui aussi de la culture rap, dans laquelle il s’est fait ses armes par le biais du graffiti, il revendique aujourd’hui une plus grande liberté artistique: "Je n’ai jamais été intéressé à mélanger le tag et le graphisme de covers. Ce que je recherche, ce sont de nouvelles façons d’exprimer graphiquement la culture de la black music et du rap, tout en essayant de trouver mon propre langage. Trouver de nouvelles approches n’est cependant pas quelque chose d’aisé, car les gens sont habitués à l’esthétique hip hop. Mais faire évoluer les choses est l’une des principales motivations du label."
Qu’on se le dise et que l’on retienne ce Ish, à la consonance évocatrice d’un futur prometteur. "Ish, parce que c’est la terminaison anglaise de beaucoup de mots et qu’elle peut ainsi s’associer à beaucoup d’éléments. C’est un terme très ouvert, avec lequel il est facile d’improviser. Comme notre musique."

À paraître en janvier 05: la compilation The Now Factor avec Reezm, Justin Sayne, Dreas, Meaty Ogre, Deckard, Dimlite, Lexx, Fadri and DJ Cutmando.

Texte: Danièle Obrist
 
   
  01.11.2004 : : 7Sky, Issue 57